Le livre Planète Chien: le making of...
Au début, j'avais simplement commencé à classer mes notes, que j'utilisais depuis 2003 pour alimenter des petites chroniques ou billets d'humeur que j'envoyais à Daniel Ratté, le fondateur du portail canin Dogstory (qu'il soit remercié ici de m'avoir offert ce moyen d'expression)
C'est la réflexion d'une amie (Merci Laurence !) qui a tout déclenché « C'est marrant, pourquoi tu n'en fais pas un vrai livre ? ». Moi ? Faire un « vrai livre » ? En étais je seulement capable ?
Janvier 2004
Et puis l'idée a commencé à faire son chemin. Au fil de mes recherches et de mes lectures, il me semblait que chaque livre lu ajoutait une pièce à l'édifice, mais qu'une synthèse qui regrouperait simplement diverses approches était possible.
Mon idée était en fait de partir du « pourquoi un chien fait-il … » pour déterminer le « comment agir en conséquence» le plus probable.
Il n'y a pas de chien idéal, pas plus que de maître idéal. Chaque chien est unique, chaque maître est unique. Le but d'un humain n'est certainement pas d'avoir un chien robotisé identique à celui du voisin, mais bien d'établir avec son chien une relation privilégiée. Ce qui veut dire une relation satisfaisante pour tous. Comment parvenir à cela si on ne connaît pas les besoins de l'autre, et si on n'a pas analysé ses propres attentes ?
Décembre 2004
C'est ainsi que le premier brouillon a vu le jour.
Pas très sure de moi, j'ai commencé par mettre ma famille
à contribution pour la première relecture. Ma mère a ainsi
passé quelques heures à traquer les accents avec lesquels je
suis définitivement fâchée ! Puis à commenter « ici,
c'est trop long, là tu devrais préciser ton idée,
là, se serait plus clair avec un croquis »
Février 2005
Le deuxième brouillon un fois prêt, je me suis enhardie à le confier à un ami et collègue comportementaliste, Richard Hanriot. Son enthousiasme et son soutien m'ont été précieux. Grâce à cela, j'ai osé soumettre ma réalisation à deux spécialistes, les Docteurs Vétérinaires Alain Weiss et Alain Ganivet.
Je n'en menais pas large… une année
de travail dans mon coin, qui pouvait être balayée par
un seul commentaire. Je ne m'adressais pas à n'importe
qui ! Je tremblais en écrivant à deux docteurs vétérinaires,
et non des moindres : Le docteur Ganivet, président d'honneur
de la Société Française de Cynotechnie, et le Docteur
Weiss, auteur du livre « le comportement du chien et ses troubles ».
Réponses polies dans les deux cas, (ouf ! ce n'était déjà pas
un non définitif), mais prudente… beaucoup de travail, pas beaucoup
de temps…
Mars 2005
Puis le premier moment de joie intense « Je
me suis mis à la lecture de votre livre et je pense que cela ira
plus vite que prévu (il se lit facilement et j'y trouve
un réel intérêt). » (Docteur Weiss)… et
une invitation à déjeuner du Docteur Ganivet…
Là j'ai commencé à y croire !
Mon « vrai livre » prenait tournure.
Avril 2005
Un jour de chance pour moi, une personne, Clotilde
Palomino, propose en forum ses dessins et aquarelles. Par curiosité,
je vais voir le site, et je tombe sous le charme de ces réalisations
pleines de sensibilité. Encore une fois, j'écris,
sans grand espoir, je n'ai pas les moyens financiers d'investir
dans ce travail d'artiste. Clotilde s'avère être
non seulement une artiste de talent, mais c'est avant tout une
jeune femme extraordinaire de gentillesse et d'enthousiasme.
Le projet la tente, nous communiquons par messagerie instantanée,
et les dessins affluent.
« Et ici, si on mettait un dessin, ça serait plus gai, plus clair, tu ne crois pas ? Je t'envoie un truc, tu me dis ce que tu en penses ? |
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| Avant même que j'aie le temps de répondre « non, ça ne va pas, pas assez net, attends, j'ai recommencé, regarde » |
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| et après quelques minutes | ![]() |
« attends, regarde, je crois que ça, c'est encore mieux » |
| Il y a eu quelques fous rires aussi... comme
le jour où je lui suggère « un chien qui
lève la patte » et que je reçois « qui lève la patte ? pour illustrer où ? euh... comme ça ???? » |
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Petite explication, je voulais dire un chien mâle qui fait pipi ! Cela deviendra l'un de mes dessins préférés. |
Juin 2005
Clotilde et son ami viennent de Lyon, pour les dernieres mises au point. Pendant que Clotide et moi revoyons les dessins, Damien Quattrociocchi retouche et recadre la photo de couverture. A la fin de la journée, la couverture est prête, mettant superbement en valeur le regard d'invitation de ma Kissloup.
L'Edition
Juin 2005
Le livre avait pris forme... mais pour devenir
un « vrai livre », encore fallait-il qu'il
existe sur du « vrai papier ». Et là, je
n'avais aucune idée de la suite.
Me voilà donc partie à surfer sur le net, avec l'idée
de proposer mon tapuscrit à l'éditeur qui l'accepterait.
Première difficulté, il faut cibler un éditeur, « votre œuvre
doit être dans sa ligne d'édition ». Je
ne sais absolument pas quel éditeur pourrait être intéressé par
mon manuel, aucun prix littéraire à l'horizon.
Au fil de mes recherches, je constate qu'il faut entre six et huit mois pour savoir si l'éditeur va donner suite. De plus, j'ai déjà fait ma mise en page, ce qui semble être une erreur, puisque les seuls éditeurs que je pense éventuellement potentiellement « dans la ligne » veulent un document de base sans aucune mise en forme. Mais alors, les jolies illustrations de Clotilde vont être toutes regroupées en encart, sur quelques pages insérées au milieu ?
Au cours des mêmes recherches, le mot « auto édition » revient
de plus en plus, lancinant. J'ai déjà l'exemple
de Mesdames Teroni et Cattet (Le chien, un loup civilisé). Elles
ont réussi, ont mené à bien leur projet… pourquoi
n'y arriverais-je pas ?
Pourquoi ne pas tenter l'aventure ? Le défi me tente, en fin de compte !
En avant toute ! Comparer les devis, savoir exactement ce qu'un imprimeur attend, ce qu'un « vrai livre » doit légalement contenir, obtenir un numéro d'identification... et franchir les quelques chausse-trappes malicieusement placées sur la route par Monsieur Microsoft !!!
20 Juillet 2005
Me voilà avec mes fichiers, et une copie papier
sous le bras, au siège de l'imprimerie JOUVE SA. J'ai
un trac impossible à décrire qui amuse l'équipe
qui me reçoit.
Je me répète en boucle cette phrase relevée sur un joli
vase qui m'avait été offert « Les imperfections éventuelles
sont la preuve d'un travail artisanal fait avec âme et passion » .
L'équipe m'assure que c'est un très beau travail,
et que le résultat va être excellent. Je rentre chez moi, soudain
vidée, il ne me reste plus qu'à attendre la livraison.
12 Août 2005
Les cartons sont alignés devant moi, le livreur s'amuse de me voir tourner autour sans oser regarder, c'est lui qui ouvre le premier carton, feuillète le tout premier exemplaire de mon « vrai livre » et me félicite chaleureusement.
La première partie de l'aventure est finie, la suite se construit avec vous...





